Une putain d’histoire

Une île boisée au large de Seattle…

« Au commencement est la peur.
La peur de se noyer.
La peur des autres,
ceux qui me détestent,
ceux qui veulent ma peau.
Autant vous le dire tout de suite :
Ce n’est pas une histoire banale. Ça non.
c’est une putain d’histoire.
Ouais, une putain d’histoire… »

Un thriller implacable

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La bande annonce

LA PRESSE
EN PARLE

« Un polar français digne de Stephen King […] C’est intense, diablement efficace et franchement jouissif jusqu’au bout. […] Un sacré bon roman ! » Olivier Bureau, Le Parisien

« Une putain d'histoire est un putain de livre ! Amateurs de sensations fortes, ne cherchez pas plus longtemps, voici le polar de l'année.[…] Bernard Minier est littéralement bluffant. » Bernard Lehut, RTL

« Un livre captivant jusqu’à la toute fin où, dans une scène à la « Fantômas », le vrai méchant tombe le masque avec un rire démoniaque. » Julie Malaure, Le Point

« Une intrigue mêlant présent et passé, des personnages dont la noirceur inattendue se révèle au fil des pages, et un rebondissement glaçant qui justifie à lui seul le titre du livre. » Nathalie Dupuis, Elle

« Bernard Minier élabore un jeu de piste machiavélique [...] Comme un courant, on se retrouve entraîné sans pouvoir résister dans ce suspense sinueux, dont l’issue est un vrai tour de force. » Frédérick Rapilly, Télé 7 Jours

« Du grand art. » Michel Primault, Femme actuelle

« Une histoire qui se termine de façon incroyable (…) Un très bon thriller » Philippe Vallet, France Info

« On reste bluffé par son art de nous captiver et surprendre jusqu’à la fin, inattendue. » Valérie Robert, Version Femina

« ‘Une putain d’histoire’, terriblement efficace. » Françoise Monnet, Le Progrès

« Un talent et une imagination hors-normes. » Yves Gabay, La Dépêche du Midi

« Un meurtre, une enquête, des soupçons, des personnages au bord du gouffre… Minier tient encore une intrigue sacrément bien charpentée. » Hubert Lizé, Le Parisien

INTERVIEW
DE L'AUTEUR

Première question : pourquoi ce titre, Une putain d’histoire ?

« Une putain d’histoire » parce que, pour la première fois, je me suis glissé dans la peau d’un narrateur de seize ans qui parle à la première personne et qui, bien qu’ayant un vocabulaire passablement étendu pour son âge (j’en connais), a aussi une grande liberté de langage. Le titre vient des premières phrases qu’il prononce, en préambule de cette « putain d’histoire », précisément.

Pour ce quatrième roman, vous abandonnez donc le commandant Servaz. Pourquoi ?

Après trois romans avec des personnages récurrents, j’avais envie de m’essayer à autre chose. Et depuis longtemps brûlait aussi en moi le désir d’écrire un polar dont le personnage principal serait un adolescent. De parler de cette période cruciale avant le passage à l’âge adulte où tout est encore possible, où la personnalité émerge de la gangue de l’enfance et se précise, se solidifie… Non pas indirectement, comme je l’ai fait dans Glacé et dans Le Cercle, où il y avait déjà des personnages d’adolescents, mais directement cette fois : à travers la voix d’un narrateur. C’était aussi une façon de rendre un très modeste hommage à mes lectures de jeunesse : du Grand Meaulnes à ces écrivains d’Amérique du Nord qui ont fait de l’adolescence un de leurs mythes favoris : Salinger bien sûr (ce n’est pas pour rien si mon île s’appelle Glass Island), Mark Twain, Stephen King… Il s’agit, évidemment, d’un thriller : il y a de la noirceur, du danger, de la peur… mais, en écrivant ce roman, autre chose était également en jeu : toutes les émotions de cette période, refoulées depuis quarante ans, sont remontées à la surface. C’est pourquoi j’ai fait le choix de la première personne. En vérité, je n’ai pas eu le choix : dès que le personnage d’Henry est né, l’adolescent que j’ai été s’est réveillé et s’est glissé dans sa peau…

Vous délaissez d’ailleurs le territoire français pour les États-Unis. Pourquoi ?

Comme je l’ai dit, il s’agissait de rendre une sorte d’hommage à ces lectures formatrices de ma jeunesse. Et puis, je voulais une nouvelle fois créer un petit monde, un microcosme – comme l’était la vallée enclavée des Pyrénées dans Glacé, ou la petite ville universitaire du Cercle… Un microcosme, c’est toujours un échantillon d’humanité. Dès le départ, mon idée a été de planter mon intrigue sur une île. Et, dès le départ, j’ai pensé à la région de Seattle, davantage exploitée dans le roman fantastique que dans le polar, qui me semblait l’endroit idéal : il y a là-bas des centaines d’îles, boisées, couvertes de forêts noyées sous des pluies quasi perpétuelles, des montagnes hostiles et des côtes sauvages battues par les vagues du Pacifique nord. Et en même temps, avec toute cette nature inviolée à ses portes, on a une des villes des États-Unis les plus en pointe en matière d’Internet, de nouvelles technologies et de culture underground

D’ailleurs, à la lecture de votre roman on est saisi par l’atmosphère particulière que vous y installez. Comment faites-vous ?

En l’occurrence, l’atmosphère qui régnait dans ces îles était déjà totalement envoûtante. La difficulté fut de la retranscrire. Par ailleurs, pour chaque livre, j’agis de la même façon : il y a une grosse préparation en amont. Un travail très minutieux pour réunir le matériau de départ. J’ai besoin de renifler les lieux, les ambiances, de m’imprégner d’une foule de détails, d’impressions. D’être au plus près de choses qu’aucune documentation au monde ne vous apportera : c’est pourquoi je suis allé sur place, j’ai atterri à Seattle – la ville la plus pluvieuse des États-Unis – et j’ai exploré ces grands espaces, emprunté des ferries, sauté d’une île à l’autre, franchi la frontière américano-canadienne. Puis je me suis enfoncé dans la partie la plus sauvage de la chaîne des North Cascades, remontant le cours de la Skagit River jusqu’au lac Diablo (il y a vraiment un lac qui s’appelle comme ça – et, croyez-moi, il n’a pas volé son nom !) J’ai rencontré les flics de Seattle, de Bellevue, de Bellingham, de Vancouver… interrogé des shérifs, visité leurs services… Des heures d’entretiens et de visites guidées. Ils se sont montrés incroyablement coopératifs. Je me suis aussi inspiré de la réalité pour camper certains lieux, comme par exemple la maison de Henry – qui est un mélange de deux endroits, l’un sur San Juan Island, dans l’État de Washington, l’autre sur Bowen Island, en Colombie-Britannique, dans lesquels j’ai dormi : je voyais des biches sortir des bois au crépuscule, et aussi des aigles chauves dans les arbres et des renards.

Quant à mon île boisée, escarpée et embrumée, elle est issue de plusieurs îles existantes, dont une en particulier, que je viens d’évoquer, Bowen Island, qui est tout à fait remarquable avec ses forêts ombrophiles et son relief. En m’approchant à bord du ferry (il faisait un temps exécrable, ce jour-là), je l’ai vue émerger lentement du brouillard : sombre, montagneuse, intimidante, drapée de sapins géants et de nuages, et je me suis dit : « Ouah, cette fois ça y est : je la tiens ! »

Il y a dans votre roman plusieurs thèmes, dont le principal est la question de l’identité.

Oui, il y a d’abord la question des origines biologiques de Henry, qui est un enfant adopté, élevé par deux mamans – et dont le passé va ressurgir. Et, plus largement, celle de la question identitaire qui surgit à l’adolescence, et qui est d’autant plus vive chez Henry qu’il est arrivé sur l’île assez tardivement et que, donc, s’ajoute le problème de son appartenance – ou de son isolement – par rapport au groupe, à la communauté insulaire. Il y a aussi ce lien très fort qui l’unit à ses camarades : Charlie, Johnny, Kayla et Naomi, lesquels ont grandi sur l’île, contrairement à lui, et fonctionnent presque comme des animaux sociaux. Le fait que le livre s’ouvre sur l’image d’orques (il y en a beaucoup dans ces eaux) croisant au large n’est pas un hasard. Ce sont des animaux très intelligents et il y a deux types d’orques : les orques sédentaires, qui vivent en bandes, et les orques nomades, qui sont plus solitaires…

 En corollaire de ce problème d’identité vient celui de la fin de la vie privée et de la surveillance.

Edward Snowden a dit que « les enfants qui naissent aujourd’hui ne sauront pas ce que les mots vie privée veulent dire ». Julian Assange et Jérémie Zimmermann ne disent pas autre chose. Une putain d’histoire est aussi, en effet, un roman sur les menaces que fait peser sur notre vie privée, sur nos libertés politique et personnelle, le développement de technologies de surveillance de plus en plus intrusives et monstrueuses. Imaginez qu’elles tombent un jour en de mauvaises mains. Mais peut-être est-ce déjà fait… À travers les objets connectés, le tout-numérique, les téléphones « intelligents », Internet, on a l’impression que beaucoup de gens font le choix de renoncer à leur liberté et à leur intimité plutôt que de renoncer à tous ces gadgets. J’en suis arrivé à une vision assez pessimiste de tout ça. Et personne n’est à l’abri : regardez comment de présumés cyber-djihadistes ont pris le contrôle de TV5 Monde, comment les studios Sony ont été victimes d’une cyberattaque massive ; ça montre à quel degré d’interconnexion et de vulnérabilité on en est arrivé ! Glass Island, le nom de mon île, c’est aussi « l’île de verre » : transparente au regard des satellites, aux antennes et aux systèmes d’écoute du puissant Grant Augustine.

Vous connaissez un grand succès, vous êtes traduit dans un grand nombre de pays – y compris aux États-Unis, ce qui est assez rare pour un auteur français–, les droits d’adaptations de Glacé ont été cédés à Gaumont qui projette d’en faire une série. Quels sont maintenant vos projets ?

L’accueil des presses étrangères a été formidable. Et j’ai hâte de voir ce que Glacé donnera à l’écran. Concernant mes projets, pour commencer, retrouver mon cher Servaz – qui réclame de reprendre du service à cor et à cri. Du reste, il est là, à côté de moi, dans son fauteuil, en train de lire les premières feuilles du prochain livre tout en écoutant la musique de Mahler. Et, bien sûr, Hirtmann est là aussi, tapi dans l’ombre. Peut-être le moment est-il venu pour lui de sortir du bois, allez savoir… Après un an d’éloignement, je suis impatient de les retrouver.

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